Ce sont les écrits médiévaux qui ont répandu un "idéal de Chevalerie". Ils nous ont transmis une "réprésentation" en plus de la réalité historique.
(Des images de
Chevaliers-Internet)
Les aventures des Chevaliers sont racontées en détail dans "La Chanson de Geste"* premier grand genre narratif des faits et
gestes des Chevaliers chrétiens ou sarrazins et des seigneurs révoltés contre
Charlemagne,
Roland et ses pairs sans
oublier
Guillaume D'Orange et son neveu
Vivien...
(Image scannée)
Ces textes médiévaux ont d'abord été écrits en vers puis récités, ensuite ils ont été en prose et chantés.
Chrétien de Troyes a été le premier a faire de ces histoires de véritables
fresques historiques, une suite d'aventures au cours desquelles, le Chevalier rencontre, affronte et découvre le monde et l'amour. Un parcours qualifiant et glorieux.
A cette époque il est bien plus glorieux d'être chevalier que roi!
Les Chevaliers obéissent à un "code d'honneur', à une morale chevaleresque qui créent des contradictions et des divergences d'où ils sortent vainqueurs et grandis.
Un peu plus tard, après
Chrétien de Troyes, les règles spécifiques de la Chevalerie ont été précisées par écrit et certaines sont parfois bien
déconcertantes pour nous.
Jugez plutôt...
- Les Chevaliers doivent respecter une demoiselle rencontrée seule et dans un endroit un peu isolé. Par contre s'ils rencontrent une demoiselle accompagnée d'un autre chevalier, ils peuvent
le provoquer en duel et le vainqueur a la demoiselle à sa merci...
- Quand les Chevaliers sont de retour à la cour, ils doivent raconter tout ce qui leur est arrivé, sans rien oublier, que ce soit glorieux ou honteux et tout est retranscrit...
- Les Chevaliers ne se déplacent jamais seuls comme des "paysans", ils doivent, au minimum, être accompagnés par un écuyer pour ne pas être considérés comme "Chevaliers errants".
Il faut savoir que dans les écrits, un "Chevalier errant", aventureux et chevaleresque est une pure invention. Ce serait une situation impossible dans la réalité. Seul, il ne pourrait pas
revêtir ou enlever son armure, il ne pourrait pas vivre plusieurs jours sans enlever cette protection et un cheval n'aurait jamais pu supporter un tel poids bien longtemps.
(L'équipement du
Chevalier-Internet)
Le cheval s'appelle le
"destrier" parce que l'écuyer le conduit avec la main droite (la
dextre) pendant qu'il guide son propre cheval de la main gauche et pendant ce temps le chevalier voyage sur un
palefroi. Il n'enfourche son destrier que pour le combat.
Le Chevalier errant se révèle bien être un personnage de fiction, mais il est resté durant plusieurs siècles une figure romanesque majeure.
Dans les histoires de Chevaliers, errants ou pas, il y a toujours l'amour. L'amour prôné par les
troubadours* occitans. Un amour exaltant,
douloureux, exigeant, celui qui révèle la noblesse de l'âme et qui invite au dépassement de soi, comme l'amour entre
Lancelot et
Guenièvre.
(Lancelot, meilleur Chevalier de la Table Ronde, est disqualifié à cause de son amour pour la reine Guenièvre)
(Image scannée)
Le Chevalier est croyant, il flirte même avec l'ascétisme spirituel et prend part à la quête du
Graal, une épreuve perçue comme ultime et sanctifiante chez tous les Chevaliers, surtout ceux de la
Table Ronde.
Souvent, les vrais Chevaliers imitaient les Chevaliers de la littérature du moment.
Les exemples de chevaliers sont nombreux.
Le chevalier au lion (Calogrenant), le
Comte du Graal oeuvre inachevée de
Chrétien de Troyes, bien entendu tous
les Chevaliers de la Table Ronde...
Il y en a encore beaucoup d'autres, mais on a l'impression que c'est "le Chevalier", le même Chevalier immuable, le Chevalier au grand coeur jusqu'à ... Don Quichotte... Poursquoi pas?
Viviane
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