Le Chevalier était le défenseur de l'Eglise et de la loi, mais
dans l'imagerie populaire, il était le protecteur de la veuve et de l'orphelin, le sauveur des dames et des demoiselles...
Pourtant, à l'origine, il était très loin d'avoir toutes ces qualités...
Nous nous trouvons une fois de plus devant "un glissement de l'histoire" ...
Si on remonte à l'époque biblique, protéger était un précepte qui s'adressait à
chaque croyant, le "fort" ne devait pas opprimer le "faible".
Les moines des époques troublées racontaient que bien souvent, les pauvres
étaient toujours dépouillés et ils en étaient réduits à "mendier" un peu d'humanité et lors des nombreux conciles* ces droits bafoués étaient mentionnés et écrits.
Mais...
A qui faire appel pour être défendu?
Pour être entendu?
Il n'y avait pas beaucoup de solutions...
Les Chevaliers commettaient bien des exactions au nom de leurs
Seigneurs et maîtres et c'est l'Eglise qui a tenté de limiter ces méfaits en obligeant ces Chevaliers à prêter serment de ne pas brimer les plus faibles.
A ce moment-là, on est encore loin de l'éthique qui sera appelée plus tard "chevaleresque".
C'est entre le XIe et le XIIIe que ce serment a été ajouté, les
Chevaliers s'engageaient devant Dieu à ne pas nuire aux faibles et de les protéger, de défendre les pauvres, la veuve et l'orphelin, de ne pas violer la foi et de ne pas être
parjures envers leurs Seigneurs.
Les Chevaliers n'avaient alors qu'une simple mission de soldats ordinaires.
Lors de conflits internes à la chrétienté, il y a eu rapidement des règles qui se sont mises en place sous l'influence
des ecclésiastiques et de la littérature qui vantait les vertus morales de ces Chevaliers.
Elle les décrivait de façon idéalisée comme des protecteurs modèles très dévoués.
Chrétien de
Troyes a mis en avant cette idéologie, il écrivait : " L'ordre de la Chevalerie doit être sans vilonie".
(Déjà des "Chevaliers" !!!)
Il faut bien admettre que ce sont ces circonstances qui ont fait du Chevalier une sorte de gouverneur du petit peuple, mais restait au service de ses maîtres.
Lancelot disait :
"Ainsi pouvez vous savoir que le Chevalier doit être le seigneur du peuple en toutes choses, mais aussi être le
sergent de Dieu, car il doit protéger, défendre et maintenir la Sainte Eglise, c'est à dire le Clergé par qui la Sainte Eglise est servie, les veuves, les orphelins, les dîmes et les aumônes
qui sont à la Sainte Eglise".
Pourtant, dans la réalité, il y avait beaucoup de mauvais
Chevaliers qui ne respectaient pas les faibles, les femmes et les demoiselles.
La nouveauté est seulement dans les écrits où le "bon chevalier" vient porter secours.
(Image d'une histoire moderne destinée à faire connaître la Chevalerie)
Peu à peu, une évolution va "émerger" vers une éthique chevaleresque et ce sera l'idéologie de cette nouvelle
classe de protecteurs.
Les Chevaliers de fiction parés de qualités et "vus" comme des
modèles s'imposent petit à petit dans les esprits et vont profondément modifier les mentalités.
Les Chevaliers de la vie quotidienne vont vouloir ressembler à
ces Chevaliers parfaits et cette influence sur la réalité va changer le vécu.
LES CHEVALIERS. (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12) (13)
-A VOUS LA PAROLE-