Mercredi 22 février 2012
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Les phénomènes et les
noumènes.
Des phénomènes ?
Des noumènes ?
Les phénomènes sont perçus par nos sens et se manifestent à notre conscience (on peut les reconnaître parce qu'ils existent et qu'ils
sont logiques pour notre "mémoire").
Les noumènes ne sont pas perçus (normalement) parce que c'est une autre perception (apparemment irrationnelle) au-delà de toute expérience possible (non-perception ? Intuition ? Autre ? Je ne hasarderai pas sur le chemin
du "paranormal", mais il y a bien d'autres manifestations "perçues" de façon impossible à comprendre. Les noumènes intéressent les scientifiques depuis quelques temps.. avant cette prise de
conscience, les perceptions au-delà du "normal" menait tout droit "l'anormal" dans un asile...)
Un phénomène c'est "tout" ce qui nous apparaît à travers une sensation ou qui se manifeste à notre
conscience (souvent une perception explicable ou déjà ressentie).
En grec "phainesthai" = "apparaître"
Un noumène c'est tout ce qu'on ne peut pas expliquer... et quand un individu ne peut pas expliquer... dans quelle catégorie range-t-on celui qui
dit "voir" ou "avoir vu"... (vous avez tous la réponse !)
En grec "nooumena" = "réalité inintelligible"
La proximité entre la notion de phénomène et celle d'apparition nous conduit aussitôt à penser que c'est l'apparence des choses qui compte le plus et non leur
réalité intime, c'est sans doute vrai au premier abord.
Pourtant ce n'est pas aussi simple, pour y avoir accès, il faut d'abord dépasser les apparences pour dévoiler l'essence qui se dissimule sous la disparité
phénoménale.
Pour savoir ce qu'est la beauté en elle-même, il faut d'abord connaître les critères du "moment", c'est une idée changeante et capricieuse, il faudrait
pouvoir opposer son contraire.
Il faut s'en détourner comme si c'était un phénomène corruptible et inéluctable, un
beau visage ne dure que peu de temps, une belle fleur a une durée de vie éphémère ou une belle sculpture belle pour son époque ne sont que des manifestations sensibles et imparfaites, dégradées
ou dégradables de la beauté en soi.
Une telle constatation de la valeur épistémologique (principe des sciences) des phénomènes est particulièrement
développée par Platon qui nous fait prendre conscience que l'esprit humain est affecté par eux et aussi responsable de leur structuration.
Kant nous a offert une solution originale en faisant la distinction entre les phénomènes et les noumènes.
Il a émis le principe que les objets et tout ce qui est connu se "règlent" sur notre connaissance qui les organise spontanément pour qu'on puisse les
"retrouver".
Les objets et tout ce qui ne nous est pas "connu" ou qui dépassent les bornes de
l'entendement humain (normal) est inconnaissable (les noumènes) parce que c'est au-delà de toute
expérience possible, un étrange trajet de l'esprit qui "perçoit" l'imperceptible.
Donc...
Logiquement, nous ne devrions connaître que les phénomènes , c'est à dire ce qui nous est possible
de connaître et de reconnaître, ils sont ordonnés selon les "a priori" de notre expérience.
C'est une conception qui redonne une valeur au monde des phénomènes en en faisant ainsi un objet de la science et surtout en interdisant d'en faire un absolu
indépendant.
Logiquement, nous ne devrions pas connaître les noumènes parce qu'ils sont indépendants de toute
expérience, les noumènes sont présents en tant qu'objet de l'intuition et font partie de la connaissance du sensible, mais c'est aussi l'inconnu.... puisqu'il n'est pas possible de connaître ou
de reconnaître !
Prenez garde à la sensibilité de votre entourage et ne négligez pas "les
intuitions".
-A VOUS LA PAROLE-